Délais VOD / SVOD

A l’international on peut observer les compagnies comme Netflix, mais également Amazon, Hulu… faire fureur dans leur offre d’accès facile aux films et séries depuis des outils de box ADSL / câble, PC, tablette, et même les Wii, xBox et Playstation. La consommation télévisuelle à domicile a bien évolué aux Etats Unis et ailleurs.

On peut se poser la question l’absence d’une offre semblable en France. Pourquoi l’offre VOD illimité (dit SVOD pour Subscription Video on Demand, de l’anglais) ne perce pas en France ? Il y a bien Canalplay, Pass M6 et d’autres. Mais tout est ancien sur ces plateformes !

Voici pourquoi : le CSA définit les délais entre une sortie en salle et une disponibilité en VOD et SVOD (VàD et VàDA en français) : la chronologie des médias

Délai en vigeur Rapport Lescure Proposition CSA
Vidéo à la demande (VOD) 4 mois 3 mois 3 mois
Vidéo à la demande par Abonnement (SVOD) 36 mois 18 mois 24 mois (variable pour certains films)
Gel des droits (exclusivité) illimité max. 4 semaines max. 4 semaines

Source : rapport CSA, 23 décembre 2013 p. 53

Aujourd’hui, l’offre VOD est plutôt correcte, mais entre la sortie en salles et la sortie VOD il se passe 4 mois. Réduire cela à 3 mois serait une bonne chose pour Koi 29 VOD ? bien sûr !

Côté SVOD, type Netflix ou Canalplay par abonnement, avoir accès à un grand catalogue de films pas trop anciens en France est plus lointain. Pourquoi payer un abonnement chaque mois pour ne piocher que dans des films anciens de 3 ans ? Le rapport Lescure propose 18 mois, le CSA 24 mois pour la VàDA. Au moins avec un petit abonnement et un budget à la séance, on pourrait se régaler en consommation de films pas trop anciens (mais je préfère encore une mise en application du rapport Lescure !).

Un modèle hybride VOD / SVOD ?

Pourquoi pas un modèle hybride d’abonnement avec droits de visionner des films en VOD classique (décomptés d’un forfait de 4 films par mois, qu’on paierait moins cher que 5€ chacun ou avec HD en bonus, disons) et une consommation de « rattrapage » des films plus anciens qu’on n’a pas encore vu en illimité ? A l’heure actuelle c’est difficile à envisager, mais si on implémente le rapport Lescure ou même la recommandation CSA, ce serait une chose envisageable.

En attendant, le risque c’est que les fans du cinéma qui veulent accéder à un bon catalogue pas trop cher, et éventuellement payer en premium pour les dernières sorties, vont passer par le côté obscur du net via les torrents / peer to peer. Il y a trop d’écart entre l’offre légale et la demande – voire l’exigence – de fraîcheur de contenu du public. Qui plus est, ma conviction est que les cinémas doivent se réinventer pour mieux consommer le spectacle grand écran, et ils sont en train de le faire, mais des personnes qui ont investi fortement dans leur salles de visionnage, leurs grands écrans et leurs HiFi… ne manquent pas de budget pour bien consommer les films chez eux !

Alors quid de SVOD ?

Alors que le marché britannique de la SVOD dépasse les 3 millions d’abonnés, le marché français donne des signes de faiblesse moins de 2 ans après le lancement de CanalPlay Infinity. 4 mois de baisse consécutive des recettes témoignent du fait que la sauce a du mal à prendre avec le public français.

Source : SVOD, l’indifférence du public français – Pascal Lechevallier

Faut dire qu’il y a des enjeux financiers dans tout cela – Canal+ défend son opposition à un changement de fenêtre de disponibilité SVOD

Les fenêtres d’exclusivité sont des contreparties pour ceux qui les financent. En France, la SVOD n’a jamais voulu prendre des obligations de financement comme celles de la TV linéaire. Canal+ finance le cinéma à hauteur de 250 millions d’euros par an, et représente en moyenne 20% des devis.

Source : Vidéo à la demande: pourquoi Canal+ fait de la résistance – Manuel Alduy, directeur du cinéma à Canal+

Cette résistance est même entérinée dans la loi, connu sous le nom de l’exception culturelle française, à travers le décret TASCA du 17 janvier 1990 qui impose des quotas de création de films francophones ainsi que des quotas de diffusion à l’antenne (radio ou télévision). Il semble bien difficile de convaincre les acteurs internationaux de suivre ce type de logique nombriliste lorsqu’ils lancent leurs services, et cela risque d’encourager le piratage et/ou l’achat de solutions VPN pour visionner les contenus bloqués en France à travers une présence virtuelle dans les pays plus libres dans leurs lois audiovisuelles.

Conclusion

Aux Etats Unis, Netflix devient producteur de contenu de qualité (House of Cards, qui challenge même le modèle de production télé) mais en France on reste sur des acquis historique de la chaîne payante Canal+ qui, il est vrai, a su verrouiller le cinéma (et le sport…) en France grâce à de très forts investissements. Mais comment de nouveaux acteurs peuvent se faire une place lorsque l’opérateur historique à déjà une quasi monopole dans le cinéma à la télévision ? Soutenez les offres VOD !




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